Un salarié sur trois en situation de burn-out. Quarante pour cent déclarant subir un stress élevé. Deux à trois millions d’actifs exposés à un risque grave d’épuisement professionnel. Les chiffres publiés en 2025 par Liaisons Sociales, Santé publique France et l’association France Burn-out dressent un tableau sans ambiguïté : les risques psychosociaux (RPS) constituent aujourd’hui l’une des premières causes de souffrance en entreprise en France. Et en 2026, l’inaction n’est plus une option légale.

La situation actuelle : des chiffres qui ne mentent pas
Le baromètre de l’épuisement professionnel publié par Empreinte Humaine et relayé par Liaisons Sociales au printemps 2025 est formel : 31 % des salariés français présentent un état de burn-out, dont 10 % dans une forme sévère nécessitant un arrêt de travail immédiat. Pire, 29 % seraient à risque de développer un épisode dépressif.
L’association France Burn-out estime de son côté qu’entre 2 et 3 millions d’actifs sont exposés à un risque élevé d’épuisement, avec trois causes prédominantes : surcharge de travail chronique, manque de reconnaissance et déséquilibre vie professionnelle / vie personnelle. Et selon l’INRS, les salariés soumis à une forte demande psychologique ont deux fois plus de risque de développer un burn-out que leurs pairs évoluant dans des conditions plus sereines.
Ces données ne sont pas conjoncturelles. Elles s’inscrivent dans une tendance lourde qui s’intensifie depuis la crise sanitaire de 2020, accentuée par la généralisation du télétravail, la frontière floue entre vie pro et vie perso, et la pression de la performance dans un contexte économique incertain.
Ce que ça change pour votre entreprise : une obligation légale renforcée
L’article L4121-1 du Code du travail est sans équivoque : « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. » En 2026, ce texte s’applique pleinement à la prévention des RPS, du burn-out, du harcèlement moral et de la souffrance au travail.
Concrètement, cela signifie que :
- L’évaluation des RPS est obligatoire dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), au même titre que les risques physiques ou chimiques ;
- Un plan de prévention doit être formalisé, daté et suivi ;
- La formation des encadrants à la détection des signaux de souffrance est attendue des juridictions en cas de contentieux ;
- La responsabilité pénale de l’employeur peut être engagée en cas d’inaction manifeste face à une situation de souffrance identifiée.
Aucune entreprise n’est exemptée, quelle que soit sa taille. Les PME et ETI sont même particulièrement exposées : elles disposent souvent de moins de ressources RH internes, et les liens de proximité amplifient les tensions non traitées.
Comment agir concrètement : 5 étapes pour un plan de prévention RPS efficace
1. Mettre à jour le DUERP avec un volet RPS
Si votre DUERP ne comporte pas de rubrique dédiée aux risques psychosociaux, c’est le premier chantier à ouvrir. Ce volet doit identifier les facteurs de risque propres à votre organisation (charge de travail, relations managériales, ambiguïté de rôles, autonomie…), les populations exposées et les mesures de prévention associées. Une révision annuelle est obligatoire, ou à chaque changement organisationnel significatif.
2. Former les managers : votre première ligne de défense
Le manager de proximité est le premier détecteur — et parfois le premier facteur — de RPS. L’INRS le rappelle régulièrement : la posture managériale est déterminante. Former vos encadrants à reconnaître les signaux faibles (irritabilité inhabituelle, isolement, baisse de qualité soudaine, absences répétées), à adopter une posture d’écoute active, et à orienter vers les ressources appropriées est un investissement à fort retour sur investissement humain.
3. Faire réaliser un diagnostic RPS par un IPRP
Pour les entreprises qui souhaitent aller au fond des choses, le recours à un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) certifié est la bonne démarche. Ce professionnel réalise un diagnostic objectif via des outils validés scientifiquement (questionnaire de Karasek, méthode GOLLAC…), restitue les résultats au collectif et co-construit un plan d’action ciblé. Bonne nouvelle pour les entreprises de moins de 50 salariés : l’Assurance Maladie finance jusqu’à 70 % de cette prestation via la subvention RPS Accompagnement.
4. Instaurer des dispositifs d’écoute accessibles
Une ligne d’écoute psychologique anonyme, l’accès au dispositif MonPsy (remboursé par l’Assurance Maladie pour les séances de psychologie), ou un accord avec un prestataire EAP (Employee Assistance Program) sont autant de signaux forts envoyés aux salariés : leur santé mentale compte. Ces dispositifs permettent aussi de désamorcer des situations avant qu’elles ne se transforment en arrêts de travail prolongés.
5. Mesurer, suivre, ajuster
La prévention RPS ne se décrète pas, elle se pilote. Mettez en place des indicateurs de suivi simples : taux d’absentéisme, turnover, nombre d’alertes managériales, résultats des enquêtes de satisfaction interne. Croisez-les régulièrement et présentez-les en CSE. Une démarche documentée et traçable est votre meilleure protection juridique, et votre meilleur levier d’amélioration continue.
Conclusion : agir maintenant, avant que le passif ne s’accumule
Les RPS coûtent cher : à vos salariés d’abord, en souffrance et en santé dégradée. À votre entreprise ensuite, en absentéisme, en perte de productivité, en turnover et en contentieux. L’OMS estimait déjà en 2022 que le stress professionnel coûtait 20 milliards d’euros par an à l’économie européenne. En 2026, avec la montée en puissance des exigences réglementaires et des attentes des collaborateurs, attendre n’est plus envisageable.
La bonne nouvelle ? Agir sur les RPS est à la portée de toutes les organisations, avec les bons appuis. Et chaque euro investi dans la prévention en économise plusieurs en remédiation.
Nos intervenants certifiés IPRP réalisent votre diagnostic RPS et vous accompagnent sur votre DUERP. Être rappelé(e)
Sources : Baromètre Empreinte Humaine / Liaisons Sociales (avril 2025) · INRS, Risques psychosociaux (2025) · Santé publique France, Souffrance psychique et épuisement professionnel (sept. 2025) · Association France Burn-out (2025) · LeBouard Avocats, Santé mentale au travail 2026 (mars 2026) · Ameli.fr, Subvention RPS Accompagnement